Cordelette principale
Plus épaisse, souvent torsadée, elle porte toutes les autres. On la tient à l’horizontale pour lire, ses franges pendant aux deux bouts.
Salle andine · Musée vivant des nœuds
Avant l'arrivée de l'alphabet latin, les Incas tenaient leurs registres en cordelettes de coton et de laine. Survolez le quipu suspendu : chaque cordelette se lit nœud par nœud, en base dix, comme le faisaient les quipucamayocs de Cuzco.
Défilez pour entrer dans la salleLe système décimal positionnel des quipus est l'un des rares points sûrs : il a été démontré en 1912 et se vérifie sur des centaines d'exemplaires. Huit cartels pour apprendre à le lire, du haut de la cordelette vers le bas.
Plus épaisse, souvent torsadée, elle porte toutes les autres. On la tient à l’horizontale pour lire, ses franges pendant aux deux bouts.
Elles pendent de la principale, parfois par centaines, groupées par catégorie comme les colonnes d’un registre.
Nouées sur une pendante, elles précisent la valeur : une partie, un détail, une correction, comme une note en marge.
Dizaines, centaines, milliers : on compte autant de nœuds simples, serrés en grappe, que la valeur du chiffre.
Réservé aux unités de 2 à 9, tout en bas : le nombre de tours enroulés donne le chiffre. Il ne peut pas être confondu avec une grappe.
Un nœud long à un seul tour ne se distinguerait pas d’un nœud simple : pour l’unité 1, on fait donc un nœud en huit.
Le zéro est un espace laissé sans nœud, au niveau attendu. Il faut comparer avec les cordelettes voisines pour le voir.
Coton blanc ou teint, laine de lama ou d’alpaga : la couleur classe souvent la cordelette par catégorie. Son sens précis varie et reste discuté.
Astuce de quipucamayoc : comparez toujours les niveaux d'une cordelette à ceux de ses voisines. Les positions sont alignées d'une cordelette à l'autre, comme les colonnes d'un tableau.
Dans chaque province du Tawantinsuyu, des spécialistes formés dès l'enfance nouaient, conservaient et récitaient les quipus. Les chroniqueurs espagnols rapportent qu'ils pouvaient rendre compte des troupeaux, des tributs et des entrepôts en lisant les cordelettes à voix haute.
« Ils comptaient par ces nœuds, et chaque cordelette avait sa couleur pour dire de quoi elle traitait. »D'après Garcilaso de la Vega, Commentaires royaux des Incas, 1609 (paraphrase)
Familles, tributaires, naissances et décès par ayllu : les totaux d'une province se recalculaient de cordelette en cordelette, jusqu'à Cuzco.
Le tribut se payait surtout en travail : journées de culture, de tissage ou de construction, notées en cordelettes pour chaque communauté.
Certains quipus semblent compter des jours et des mois, peut-être liés aux fêtes et aux travaux agricoles. Leur lecture reste une hypothèse.
Maïs, chuño, laine et armes s'accumulaient dans des greniers alignés à flanc de montagne. Les quipus en tenaient l'inventaire.
Des coureurs en relais portaient messages et quipus sur le Qhapaq Ñan, le grand réseau de chemins andins classé au patrimoine mondial.
La colonne de cette frise est elle-même une cordelette : chaque nœud marque un moment de l'histoire des quipus, de leurs ancêtres wari jusqu'aux chercheurs d'aujourd'hui.
La culture wari utilise déjà des cordelettes nouées et enroulées de fils colorés, ancêtres probables des quipus incas.
Sous Pachacutec, l'empire s'étend et s'organise : les quipus deviennent l'outil d'administration des « quatre régions ».
Arrivée des Espagnols. Les chroniqueurs décrivent des quipucamayocs qui récitent comptes et récits à partir de leurs cordelettes.
L'Église ordonne de brûler des quipus jugés idolâtres. Une grande partie des archives nouées disparaît.
Garcilaso de la Vega, fils d'une princesse inca, décrit les quipus et le métier de leurs gardiens.
Leland Locke montre que les nœuds encodent des nombres en base dix, avec des positions alignées et un zéro.
Marcia et Robert Ascher publient leur étude des structures des quipus : totaux, sous-totaux et cordelettes de contrôle.
Gary Urton et Carrie Brezine proposent qu'une suite de trois nœuds en huit, au début de certains quipus, désigne le site de Puruchuco.
Sabine Hyland étudie deux quipus conservés par un village andin et avance l'hypothèse d'une composante phonétique.
Les nombres se lisent. Le reste résiste. Voici les grandes questions ouvertes, présentées avec la prudence qu'exige la recherche en cours.
Les chroniques évoquent des récits, des lois et des généalogies conservés en cordelettes. Une partie des quipus ne suit pas les règles numériques : messages, noms, ou autre chose ?
Une même couleur revient souvent pour une même catégorie dans un quipu, mais aucun « dictionnaire » des couleurs valable partout n'a été établi.
Un nœud peut être fait vers la gauche ou vers la droite, et une cordelette peut être attachée par l'avant ou par l'arrière. Ces choix binaires portaient-ils de l'information ?
Certaines suites de nœuds placées en tête pourraient désigner un site ou un ayllu, comme une étiquette de dossier.
Des centaines de quipus ont été mesurés et numérisés. Les chercheurs y cherchent des motifs récurrents, comme on a jadis comparé les inscriptions mayas.
Dans quelques communautés andines, des cordelettes nouées servent encore lors de cérémonies ou de comptes de bergers, et on les transmet comme un patrimoine.
Tapez un nombre de 0 à 99 999 : les nœuds se forment au bon niveau, selon les vraies règles. Votre date de naissance, l'altitude du mont Jacques-Cartier (1 268 m), le nombre de jours avant le printemps : tout se noue.
Matériel conseillé : écheveaux de coton teint, épingles de couture et planche de liège. Activité idéale en classe, de la 3e année du primaire au cégep.
Un nouveau nombre chaque jour. Le haut de la cordelette est à gauche, le bas à droite.
Fiches à imprimer, cordelettes teintes et brevet en ligne : de quoi transformer une classe, un camp de vacances ou une soirée au chalet en atelier de quipucamayocs.
Certains liens de la boutique sont des liens d'affiliation : ils soutiennent le musée sans frais pour vous. Ateliers en classe offerts au Québec et en ligne pour la francophonie.